Deux journées « pour un monde sans amiante »

Les « Journées Internationales des Victimes de l’Amiante » organisées les 12 et 13 octobre par l’Andeva feront date dans l’histoire du mouvement anti-amiante international.

 

Un colloque au Sénat

L’Andeva a organisé le 12 octobre au Sénat un colloque international soutenu par l’INSERM, la Ligue contre le cancer, la Direction Générale du Travail (DGT) et Conseil régional de l’Île-de-France.

Il réunissant des scientifiques, des médecins, des parlementaires, des juristes, des militants associatifs, des victimes et divers acteurs en santé publique, venus du monde entier. Certains étaient issus de pays exportateurs ou utilisateurs d’amiante (Canada, Brésil, Inde, Mexique), d’autres l’ayant interdit durant la dernière décennie (Afrique du Sud, Australie, Corée, Japon).

La matinée fut consacrée à l’épidémiologie des cancers dus à l’amiante, aux progrès - modestes mais réels - des thérapies et à la recherche fondamentale.

L’après-midi fut consacrée à l’amiante dans le monde, autour de trois thèmes :

- L’utilisation de l’amiante dans les pays en développement ;

- L’indemnisation et le traitement des victimes ;

- La prévention et les actions internationales.

Cette conférence a eu lieu dans un contexte international particulier :

Le commerce de l’amiante s’est éteint en Europe mais s’est développé en Asie, en Amérique du Sud et dans l’ex-Union soviétique.

Cependant le contexte a récemment changé : deux des cinq pays producteurs d’amiante la question de l’arrêt de l’amiante est posée.
Au Canada, les mines d’amiante sont fermées et Pauline Marois, première ministre du Québec, ne subventionnera pas de relance.

Au Brésil, l’avenir de l’amiante est en suspens auprès du Suprême Tribunal Fédéral, qui doit rendre prochainement son jugement.
Le consensus scientifique sur l’arrêt de l’utilisation de l’amiante s’est renforcé avec la position conjointe des sociétés d’épidémiologie du monde entier et de l’Union internationale contre le cancer.

Après la condamnation d’Eternit au civil en 2011 (première victoire d’une victime environnementale en Belgique), La condamnation pénale deux hauts dirigeants de la multinationale à de lourdes peines de prison par le tribunal de Turin en Italie est venue rappeler au monde que les crimes contre la santé publique ne restent pas impunis.

Une manifestation internationale

 

Le 13 octobre, a eu lieu une manifestation internationale pour une interdiction mondiale de l’amiante.

Malgré la pluie, elle a rassemblé plus de 5000 personnes. Partie de l’avenue de Messine (siège du tristement célèbre Comité permanent amiante), le cortège, où les délégations étrangères ont défilé avec le drapeau de leur pays a atteint la place de l’Opéra, où s’est tenu un rassemblement international.

Dans une chaleureuse ambiance de solidarité internationale, les délégations sont toutes montées sur le podium où elles ont été présentées, une par une, sous les applaudissements des manifestants.

Une réunion des délégations

 

La manifestation était précédée le matin d’une réunion de travail des délégations françaises et étrangères pour préparer les actions communes et construire une « internationale des victimes de l’amiante ». Elle a adopté une lettre à Pauline Marois, qui lui a été envoyée par l’Andeva.